Le récent coup d’État en Guinée-Bissau rappelle que le pouvoir est toujours fragile, même lorsqu’on croit être protégé par des alliances ou des refuges à l’étranger.
C’est ce contexte qui nous a poussé à écrire cette tribune : François Bozizé, ancien président centrafricain, avait trouvé asile en Guinée-Bissau. Mais aujourd’hui, après le renversement du gouvernement, quel sera son sort ? Le nouvel homme fort, investi à la tête du pays après son coup d’État, le laissera-t-il en sécurité ou le livrera-t-il à la justice ?
Cette incertitude montre qu’aucun dirigeant ne peut échapper indéfiniment aux conséquences de ses actes.
En Afrique, les survivants du pouvoir sont rares ; ceux qui en sortent honorablement le sont encore plus. Depuis des décennies, le continent a vu défiler des dirigeants qui confondaient mandat constitutionnel et droit de propriété, croyant leurs trônes éternels et leurs peuples sans mémoire.
Pourtant, une vérité simple demeure : le pouvoir passe, mais le karma reste.
Chaque ancien président devrait méditer cette loi avant de poser un acte contre son peuple.
François Bozizé : un avertissement vivant
Bozizé croyait que la brutalité, la manipulation et la rébellion lui assureraient l’impunité.
Aujourd’hui, il erre comme un fugitif, traqué par des mandats internationaux, accueilli par personne, toléré par quelques-uns, oublié par tous.
Son destin est une leçon.
À Joseph Kabila, alias Hyppolite Kanambe : l’Histoire vous observe
Kabila, qui a régné dix-huit ans sur la RDC dans le mensonge et la violence, au prix de millions de vies et d’un pays saigné par la balkanisation, a bénéficié du soutien de puissances telles que la Russie et la Chine, grâce à ses proximités avec Poutine et Xi Jinping, qu’il admire comme modèles de gouvernance.
N’eût été le destin divin de la RDC, il aurait pu suivre leurs pas et changer la Constitution pour rester au pouvoir indéfiniment.
Au lieu d’assumer son héritage, Kanambe continue de déstabiliser son pays, en ravivant les mêmes groupes armés qu’il avait créés, notamment le mouvement criminel de l’AFC-M23.
Il mise encore sur ses alliances et son carnet d’adresses pour se protéger, du Kenya à la Namibie, comme si aucun pouvoir terrestre ne pouvait le rattraper.
Le Prix Ibrahim Mo : un encouragement à la dignité
La Fondation Mo Ibrahim illustre ce que peut être une gouvernance digne et responsable : son Prix pour la Gouvernance en Afrique, assorti d’une récompense de 5 millions de dollars sur dix ans et de 200 000 dollars par an à vie, récompense les dirigeants qui quittent leur fonction avec honneur et contribuent à la stabilité de leur pays.
Pour ma part, j’ai eu l’honneur de travailler pour le Dr Mo Ibrahim, fondateur de Celtel International, une importante entreprise de téléphonie mobile en Afrique, en 2003-2004, où j’étais agent commercial en marketing et communication. Cette expérience m’a permis de constater de près sa rigueur, son intégrité et son engagement pour le développement du continent.
Bien que certains critiquent le faible impact global du prix sur la gouvernance africaine, il reste un signal moral puissant : la dignité et la bonne gestion peuvent être reconnues et honorées, même après la présidence. Chaque dirigeant africain devrait méditer cet exemple et comprendre que respecter le mandat constitutionnel n’est pas seulement un devoir légal, mais une opportunité de laisser un héritage positif et durable.
Obasanjo : un exemple de sagesse et de retenue
Contrastons cela avec Olusegun Obasanjo, ancien président nigérian, qui a dirigé avec prudence, respecté ses mandats, puis cédé le pouvoir avec dignité.
Aujourd’hui, il vit paisiblement et est reconnu comme un artisan de paix dans de nombreux conflits africains.
C’est le type de comportement que chaque dirigeant devrait imiter : servir le peuple, respecter le mandat, puis céder le pouvoir avec honneur.
Un errant politique, presque un apatride
Aujourd’hui, Kabila apparaît comme un errant politique, presque un apatride.
On se demande quel passeport lui permet encore de circuler entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe.
Il a oublié une vérité que les sages connaissent depuis toujours : après le pouvoir, il y a la vie.
Mais l’Histoire est patiente.
La justice divine ne se trompe pas.
Et le karma, lui, n’efface jamais ses dettes.
Cette tribune n’est ni un appel à la vengeance ni une célébration des chutes individuelles.
C’est un rappel moral et politique :
Tout dirigeant qui sème la douleur récoltera la justice tôt ou tard.
Par : Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé
Activiste, Penseur et Notable de Madimba